Hrab - La fuite du destin

Quand les maux de la société s’accumulent et se sédentarisent, il y a péril en la demeure. C’est à quoi l’auteur veut attirer notre attention car non l’injustice s’installe, mais nous l’avons commise sinon de nos propres mains, du moins par notre indifférence à la détresse de nos prochains. A travers l’histoire somme toute anodine, vu le nombre important d’enfants des rues que nous croisons, l’auteur, de fil en aiguille, nous plonge dans un monde d’une horreur innommable.

Bien plus grande pour les petites épaules de Brahim, l’héros de ce roman tiré de la réalité… une triste réalité à laquelle nous rappelle Ali Lahrichi et nous interpelle même sur cette société qui jette ses propres enfants dans la gueule du loup. Et combien de loups tapis dans le noir guettent et attendent que la nuit jette sa cape sur la cité pour dévorer ses enfants.

Crus, cruels, durs, accusateurs et expiateurs sont les mots dont l’écrivain use pour cet examen de conscience auquel il nous livre. Et certains passages sont d’une cruauté mais d’une telle beauté littéraire, que ce roman finit par toucher l’Humain en nous. Notamment le passage de la sodomisation des jeunes enfants des rues par leurs aînés, ou encore lorsque Brahim va à la rencontre de son père biologique, celui

là même qui a jeté sa mère dans les abysses de la pauvreté alors qu’elle était l’amante chérie avant que ses entrailles n’accueillent ce fruit de l’amour :

Brahim, un fruit qui lui vaudra la damnation de ce paradis artificiel. Ou encore la naissance dans une ruelle jonchée d’ordure !

La douleur décrite dans ces passages dépasse les mots pour devenir des maux réels que traversent le lecteur, le terrorisent, le martyrisent… Qu’il se sent responsable de ces horreurs que subissent ces enfants.

Eux, malgré leur jeune âge, sont devenus mi-humains, mi-animaux pour pourvoir survivre dans un monde dans lequel ils n’ont pas demandé de venir.

Ils sont le fruit d’une succession d’anomalies qui font de leur conception même une erreur chèrement payée et dès leur venue au monde, ils deviennent un fardeau, que la société ne veut pas voir, cache et camoufle.

Jusqu’au jour où cette descente aux enfers se conjugue à l’obscurantisme pour mettre toute la société sur un volcan prêt à exploser.

Hrab est un roman où la fiction dépasse la réalité et dont le romantisme de l’auteur, nous autorise encore à croire que l’amour d’une mère et de son fils, bien que balafrés par la cruauté de la société, peut encore les sauver du gouffre qui se creuse sous leurs pieds… nus

 

Imane Bouhrara

Journaliste, Rédacteur en Chef EcoActu.ma

La Presse en parle

Al Bayane

Un cri de douleur qui porte le silence des maux …

Maroc Diplomatique

Ali Lahrichi, le sculpteur des mots et le sondeur des âmes

( voir page 17) 

Communiqué de presse

Le Roman Harb, de son auteur Ali Lahrichi vient de paraître

La maison d’édition française Edilivre vient de publier le Roman Hrab (La fuite du destin). Il s’agit du troisième ouvrage, cette fois un roman, de l’auteur Ali Lahrichi à paraître après de recueils « Terre d’Erotika » et « Cavalcade des mots ».

 

HRAB… Un cri de douleur qui porte le silence des maux…

Face à l’adversité et au marasme qui plongent toute une société dans une schizophrénie effrénée, et qui emprisonnent le rêve de tout un chacun volontairement ou involontairement. Les mots deviennent une échappatoire, une thérapie, une invitation à un voyage dans notre propre reflet à la recherche d’une réconciliation avec le soi. Ils nous transportent entre les lignes et les chapitres d’une histoire tant réelle que fictive : HRAB ou la Fuite du destin.

 

L’auteur Ali Lahrichi, Docteur vétérinaire de profession, Doctorant en sciences politiques et juridiques et poète et écrivain à ses heures perdues, a longtemps hésité avant de publier son roman HRAB, qui est resté enterré pendant plus de dix années dans les tiroirs de l’amnésie et un soupçon d’espoir. La décision longuement murie est arrivée à point nommé, telle une délivrance qui a signé le baptême de feu du « Vétopoète », d’une part, après la sortie de ses deux recueils : « Terre d’Erotika » et « Cavalcade des mots » qui ont connu un franc succès rencontré auprès de ses lecteurs sur la version papier et sur le net. Et d’autre part, au vu d’un devoir moral, d’une promesse, d’une rencontre réelle ou imagée avec deux enfants de la rue, Ali et Brahim, le Héros de son roman, qui hantent encore sa mémoire et reviennent comme « deux statuettes de fine porcelaine recouverte d’une étrange poussière » pour demander toujours ce fameux ticket de départ. Ailleurs, où le rêve n’est pas illusion.

 

A travers HRAB, Ali Lahrichi interpelle notre conscience, il sonde nos âmes à la recherche des vieux souvenirs des « bons gens » que nous sommes ou « nous devrions être »,  il nous ramène à la triste réalité qui a pignon sur rue de nos jours et constitue malencontreusement le vécu quotidien d’une grande partie des Marocaines et des Marocains, que nous semblons ou nous feignons malheureusement ne pas voir, tellement nous sommes emportés par notre laxisme ambiant.

 

Certes, la promenade peut nous paraître sombre dans les arcanes de la misère, où les lampadaires projettent une lumière obscure, voire obscurantiste pour éclairer les dédales de l’Hydre qui a plusieurs visages et porte en lui toutes les abominations qui sont: l’intégrisme, l’analphabétisme, l’arrivisme, l’hypocrisie sociale, la corruption, le voyeurisme …

 

Secoué par tant d’atrocité perpétrée lors d’une soirée où le printemps chantait la renaissance. Les images macabres des scènes des attentats du 16 mai 2003, des corps mutilés, des restes de chair humaine, ainsi que les cadavres des jeunes noyés dans le Détroit vomis par un océan qui se veut purificateur. Ali Lahrichi, va faire un exercice d’introspection sur soi et sur son milieu, et va nous rappeler qu’il y a péril en la demeure.  Il veut par ailleurs attirer notre attention sur l’injustice qui s’installe, que nous avons commise sinon de nos propres mains, du moins par notre indifférence à la détresse de nos prochains.

 

 A travers l’histoire somme toute anodine, vu le nombre important d’enfants des rues que nous croisons, l’auteur, de fil en aiguille, nous plonge dans un monde d’une horreur innommable. Une horreur qui ne fait qu’empirer. Ainsi, après avoir dormi dix ans dans un tiroir, le roman est dépoussiéré et l’auteur est sidéré : l’histoire se perpétue depuis la nuit des temps et l’indifférence demeure inchangée à l’égard de ces enfants. 

 

L’auteur, se pose la question à travers ce drame, sur le rôle de nous autres, intellectuels, cadres supérieurs ou moyens sur le degré de notre participation à la création de ce monstre, cet ouragan qui risque de tous  nous emporter. Sommes-nous tous coupables dans la création de ce monstre, avions nous tous participer à ce coït bestial où la patrie subissait un viol orchestré par ses propres enfants ou sommes nous juste des spectateurs passifs?

 

«  Ali prend son ami dans ses bras, le serre contre lui, lui murmure quelques paroles dans l’oreille. Leurs mains d’enfants se croisent. Ils marchent côte à côte. S’arrêtent. Leurs corps ne font qu’un. Ali se tourne vers moi. Un regard lourd de reproches me mitraille, me transperce. Je transpire, mon corps frémit. Les idées se bousculent dans ma tête. Je n’arrive plus à raccorder mes pensées. Mes sens se bloquent. J’essaye d’accoucher d’une phrase. Ma langue se noue. Une sueur froide m’immobilise. Mes nerfs sont tendus. Je ne vois plus rien. Si ! La tempête ! La décadence de toute une société émane de ce corps, de cette entité ».